COMMUNIQUE DE PRESSE 04/07/2017

Le conseil d’administration de la Port Louis Development Initiative s’est réuni, le mardi 4 juin. Il a pris acte avec stupéfaction de la démolition d’un bâtiment historique appartenant au patrimoine de Port Louis et au pays tout entier. Des contre-propositions formulées par le président de la PLDI n’ont pas retenu l’attention des autorités qui ont exécuté leur projet dans des conditions qui ignorent totalement les bonnes pratiques en matière de protection du patrimoine. 

Nous regrettons vivement la démolition d’un édifice historique où furent formés les penseurs de notre siècle. Nous détruisons pierre après pierre et planche après planche en prétendant moderniser, faisant ainsi disparaître des réalisations esthétiques et techniques, en un mot des œuvres d’art. Nous effaçons les traces de notre histoire, nous oublions notre passé et nous perdons notre identité. C’est l’originalité  de notre pays qui cède la place à l’uniformité. 

Ce bâtiment, datant du 17e siècle, était unique notamment en cela qu’il était l’un des plus vieux de cette époque appartenant à l’Etat. Il a été le lieu privilégié de formation de l’élite mauricienne.

Nous abattons et nous reconstruisons en adoptant un visuel moderne qui projette au premier abord une image de progrès, de succès et d’innovation. Mais en réalité, nous reproduisons des solutions occidentales et étrangères, ce qui sont sources d’uniformité architecturale. Notre négligence et notre  indifférence détruisent notre patrimoine architectural. 

L’architecture et l’urbanisme sont de véritables albums illustrés qui racontent une histoire, qui relatent l’histoire. C’est pourquoi nous avons le devoir de créer une structure unique qui exprime notre richesse historique et culturelle, qui suscite un profond sentiment d’adhésion et une fierté universelle. Qui souligne notre spécificité, renforce la qualité de notre destination touristique et stimule la diversité culturelle de notre environnement. Dans cette perspective, il faut considérer la culture comme un catalyseur. Une vision équilibrée doit pouvoir intégrer l’économique et le social pour élaborer ce qui et nouveau tout comme ce qui est ancien. Il est vrai qu’associer des initiatives créatrices peut coûter plus cher, mais  cela rapporte aussi davantage. 

Les industries de la création constituent un énorme marché en pleine croissance qui représente des recettes de deux mille milliards de dollars et 29,5 millions d’emplois à travers le monde. Il nous faut sortir des schémas statiques et innover véritablement pour englober aussi bien les jeunes et les moins jeunes que l’ancien et le nouveau. Nous devons concevoir la culture à la fois comme un outil de revitalisation économique et un facteur innovant de cohésion sociale. 

Le patrimoine et l’identité culturels ouvrent des perspectives inexplorées de rajeunissement du cœur même de notre tissu urbain. Ce sont des chances exceptionnelles de créer des  structures durables et résistantes, en jouant un rôle de moteur économique, de créateur d’emplois, d’intégrateur social et d’accélérateur de sociétés innovantes et inclusives.

Après cette nouvelle destruction d’une source de fierté, nous lançons un appel à tous, ceux et celles qui ont le sens des affaires, qui maîtrisent les technologies, qui sont dynamiques, et qui ont des idées. Nous les appelons à trouver des pistes, à véritablement concevoir et construire des modèles novateurs pour changer les mentalités en ce qui concerne les édifices patrimoniaux et les décisions d’un autre temps. Nous pouvons  ̶  et nous devons  ̶  faire revivre les lieux de mémoire pour favoriser des activités culturelles autant qu’économiques. Les puristes nous répondront que la création et le commerce ne peuvent pas coexister, mais de merveilleux exemples prouvent le contraire dans le monde entier. 

Il nous faut changer d’état d’esprit, changer nos formules, si nous voulons progresser. Le succès est possible à condition d’innover et d’imprimer plus profondément notre marque distinctive sur le monde. Soucieux de préserver d’autres merveilles architecturales du pays, nous pensons à la vieille caserne des pompiers, aux Casernes centrales, au Grenier, aux anciennes prisons, nos vieux cimetières,  et à de nombreux autre bâtiments moins connus en nous demandant ce qu’il adviendra d’eux. Des modèles d’activité viables peuvent être rapidement mis au point, les financements peuvent se trouver assez vite, mais coordonner des initiatives publiques et privées est une tâche interminable et usante.

Depuis toutes ces années, à force d’assister à la fragmentation de l’histoire, nombreux sont ceux qui ont produit des ouvrages apparemment composé des mêmes éléments. Ce dont nous avons besoin, c’est d’un moyen  d’avancer, d’une nouvelle manière d’appréhender nos modèles d’activité, nos perspectives culturelles ainsi que les entreprises commerciales et les partenariats public-privé. Il nous faut être ouverts aux nouvelles possibilités qui favorisent les investissements privés dans des domaines publics  axés sur la préservation du patrimoine architectural. 

Nous devons voir les possibilités et établir des liens entre elles d’une discipline à l’autre. Nous devons  innover et si nous faisons face à l’avenir, cela peut ouvrir des pistes pour sauvegarder notre passé.

Pour commentaires, veuillez appeler :

Jean Claude de l’Estrac

CEO, PLDI

+230 5251 4105

 Gaetan Siew

Chairperson, PLDI

+230 5499 5588

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